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J-6 avant l’arrivée de Saori et d’Aki, et le retour du Président en France !

2 japonaises de la région du Kansai vont venir visiter la France, et principalement la Bourgogne !

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AéroPortée (De Lille à ToKyo)

AéroPortée (De Lille à ToKyo)

C’était il y a un certain temps, j’ai arrêté de compter pour pas les voir défiler, ces foutues années. Ça s’est passé comme ça : on a un frère, il part, à plus tard, j’ai pris mes billets pour te revoir. Et le jour J…:

On se précipite et on oublie des choses. On s’y prend à l’avance et on glande. A l’arrivée on est perdu.
Tout est neuf, design. On prend l’ascenseur, parce que faut pas déconner, on a des gros bagages. Et puis on arrive vers une station de bus.
Voyage dans une ville bizarre.
Des grosses voitures, tout le modernisme. Et puis des avions. Des tas d’avions. Qui s’envolent, qui atterrissent ou qui font rien.

Air France, Hungarian Airlines, British Airways, Air Algéria.

Ça se bouscule pour nous envoyer en l’air dans les quatre coins du monde.

San Francisco, Brème, Malaga, Antananariva, Seoul, Delhi…Nice

On reste halluciné face aux écrans affichant les départs. On time. Boarding. Closed….Take off

Une zone hors espace. Parce que tous les espaces du monde se chevauchent, on n’est nulle part. On est là, en transit. Y a un mètre t’était en France, ici t’es déjà ailleurs. C’est drôle quand on a ses billets et un passeport valide. On les voit les touristes. Ceux qui retournent dans leur chez eux, des photos plein l’appareil, des souvenirs plein les valises, des trucs à raconter plein la tête. On les voit pas les vols charters, les zones de rétention. Celles dont on parle. Ceux dont on tait le nom, parce qu’il n’en ont pas, parce qu’ils n’ont pas le bon bout de papier, le bon bout de peau. Même en venant ici, on voit rien. On est ébloui par toutes ces destinations. Là-bas c’est comment ? Là où je vais c’est comment ? Là où je suis ça dit quoi pour toi ? Le monde c’est grand comme ça ? Même plus mon gars.
Beyrout. Riad. Kiev. Dublin.
Et les boutiques en duty-free, ça éblouit, aussi. « Cool, c’est moins cher. Ben t’as qu’à acheter. T’as besoin de rien ? Un carré Hermès ? Non? Ben t’as qu’à acheter. T’es dans ton carré VIP, même si t’as pas une thune. »

Aérogare 2. Roissy-Charles De Gaulle. Terminal 2B.

L’autre jour, c’était un peu avant de partir, j’ai eu une drôle de pensée. C’était pas un rêve parce que je dormais pas. Pas vraiment une pensée non plus parce que je pensais pas. C’était un de ces trucs qui vous vient quand vous êtes entre votre nuit et votre jour. Un de ces trucs où tout ce qui vous traverse se mêle et s’assemble sans ressembler à rien.

Je nous voyais, nous les humains, avec sur le corps les limites du monde. Comme si on y avait dessiné ou gravé une mappemonde. L’Afrique sur un sein, l’Asie le long de la cuisse, et l’Océanie regroupée sur l’omoplate. Un planisphère humain. Un globe qui trotte. Et je me demandais si là, sur la courbe de mes hanches, cette mer, la mer Caspienne ou la mer Egée, je sais pas, était une vraie zone d’eau, à vif, ou s’il y avait une pellicule de protection, pour qu’on mette pas comme ça les doigts dans la mer. Et puis je me disais que c’était bien de porter comme ça le monde sur soi. Autant que le porter en soi.

Sur le monde y a les hommes et sur les hommes y a le monde.

….

Aérogare 2. Mon avion annulé, remplacé, arrivé attend. J’embarquerai à 18h20. Il est 16h57. Elle va en faire encore beaucoup des « tic tac » la grosse horloge digitale?.

On marche, on se traîne, les pieds, la valise. On tue le temps. Ça saigne.


Face à moi, sur les sièges quasi vides, trois japonais sont dans la même danse que moi. L’un, le nez sur le journal, l’autre sur le tarmac, le dernier enfoui dans son col, dort. Je mets mon nez dans un mouchoir. Les yeux à table, l’attente au menu.

On marche, on se traîne, ça saigne encore, tellement de temps à tuer.

….

Ca y est. Les Ladies et les Gentlemen, les deux ou trois lettres, les quelques chiffres, tout ça, c’est dit. C’est parti.

JAL

Ces trois lettres vont me transporter chez les nippons.

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écrit par Marion P.